LE JOUR OU J'AI ACCEPTÉ MA PETITE TAILLE

Comment assumer sa petite taille ? 

 

On ne va pas se mentir, faisant 1m62, on ne peut pas dire que je suis « pas très grand », mais bien « petit » et il faut l’accepter. Je n’ai pas toujours été dans cette acceptation. Plus jeune, j’ai souvent ressenti un décalage entre les autres garçons et moi. De par ce rapport de force quand on grandit, cette envie de s’imposer au travers des années adolescentes, je n’ai jamais pu ressentir ce besoin de montrer et d’assumer ma personne. Se dire que c’est simplement une question de taille est injuste et c’est pourtant le cas ! la vie d’un adolescent est forcément injuste par bien des manières. On veut se comparer aux autres, se rassurer, montrer aux autres qu’on est identiques. A cette époque de ma vie, je voulais rentrer dans la norme, ou bien être conforme à la majorité. J’ai ressenti ce besoin jusqu’à la vingtaine. Ce besoin d’être persuadé que les autres me voient comme quelqu’un de « grand ». J’y ai très longtemps cru en bombant le torse, me tenir légèrement sur la pointe de pieds, j’allais gagner en centimètres. N’est-ce pas un peu ridicule ? 

 

En regardant le passé, je constate que j’ai passé mes jeunes années à me tenir physiquement droit, montrer que je prétendais être plus grand que ce que je suis. Le problème n’était pas de me sentir accepté, mais de persuader les autres que je ne faisais pas ma taille. C’est à cet instant ou j’écris ces lignes, que je me rends bien compte de l’absurdité de mon besoin. 

 

J’ai compris bien des années plus tard que ce n’était pas les autres le problème. Mais moi et cette folie de vouloir être ou ressembler à quelqu’un d’autre. Je de vais accepter le fait d’être petit et qu’il n’y avait qu’une chose qui allait m’empêcher d’avancer. Moi-même. C’est incroyable la pression que j’ai pu me mettre. Ce besoin d’être plus grand pour ressembler aux autres. Ces autres, qui d’ailleurs je l’ai constaté en vieillissant, se fichent royalement de ma petite taille. C’est moi qui interprétant leurs regards, leurs comportements envers moi, croyais être moqué ou dévisagé. J’avais faux sur toute la ligne. J’interprétais la vision de moi-même. J’étais donc le seul responsable de la situation. A la fois victime et accusé de la propre perception de mon corps. 

 

En faire un atout ? J’ai mis un temps fou à le comprendre. C’est par la confiance que mes amis, proches m’ont accordé que tout a pu changer. Mais aussi par ce bouleversement digital. Instagram m’a beaucoup aidé à me sentir mieux dans ma peau. J’ai longtemps caché cet aspect physique qui pour moi définissait ma personne. En communiquant avec vous je me suis senti suffisamment légitime pour valoriser ce dont à la base j’avais honte. J’ai décidé que ce soi-disant handicap du début allait devenir ma plus grande force pour me démarquer. Je suis très loin des standards de beauté. Je n’ai aucune mensuration correspondant au mannequinat. Mais on s’en fout non ? 

 

Les années passant, la vision de soi change, les envies ne sont plus les mêmes, la définition de la beauté est différente. Il n’y a aucune recette magique qui permettra de réaliser vos souhaits. Il n’y a aucune potion qui vous fera grandir. Il y a juste vous, capables de tout, seulement si vous prenez le problème à bras le corps. Les confidences comme la mienne, peuvent aider, mais il n’y pas meilleur infleunceur que vous pour modifier la perception de vous-même. 

Ce n’est pas les blogueurs, instagrameurs qui nous influencent, mais nous-mêmes et personne d’autre.  

©2019 by 1m62 / Camille JOLLY